L'impression 3D : de Yoda aux visières contre le COVID-19

Depuis près d’un mois maintenant j’observe. J’observe une dynamique se mettre en place, celle d’un outil qui prend sa place dans un écosystème industriel qui se relocalise.

Souvenez-vous, depuis 40 ans (oui oui…) l’impression 3D est utilisée dans l’industrie pour prototyper avec une grande précision, un des secteurs les plus méconnus est la grande joaillerie qui imprime un modèle de chaque bijoux pour vérifier le bon équilibre des pierres précieuses dont elle sera composée, plus récemment, on l’a vue apparaître dans l’architecture mais c’est dans le biomédical qu’elle y trouve sa juste valeur, j’y reviendrais plus bas avec un grand écart.

Bien qu’on parle d’impression 3D et de ce qu’on appelle la fabrication additive, couche par couche comme pour un château de Kapla. La joaillerie et d’autres industries utilisent l’impression en frittage de poudre ou à bain de résine grâce à un laser qui solidifie la matière à son contact, que ce soit des biomatériaux, des polymères comme pour le plastique ou du métal dont certaines pièces se retrouvent à faire le tour de la Terre au-dessus de nos têtes (1)

2012… L’année incroyable

Pour l’impression 3D quand la technologie du “Dépôt de Fil Fondu” ou “Fused Deposition Modeling” tombe dans le domaine public, c’est cette technologie qu’on utilise à plast’if qui a l’avantage de déposer uniquement la matière nécessaire à l’objet et de ne plus produire de déchet de poudre ou de résine.

C’est aussi l’avènement de différents mouvements, maker, open-source, DIY, …  que l’on découvre et qui donne accès au grand public, vous et moi, à l’impression 3D pour particuliers avec des machines qui deviennent accessibles en taille et économiquement à tous. 

Le monde s’empare de ce principe avec le mythe de pouvoir se fabriquer ce que l’on veut chez soi, certaines sciences fiction se réalisent et  je me souviens avoir cette année là nommé l’impression 3D : le fax des objets.

De là, une frénésie de faire tout et n’importe quoi grâce à cette petite boîte magique se produit tout autour de la planète et après l’engouement du début, on s’est vite retrouvé à se demander ce qu’on pourrait bien en faire et est arrivé ça : 

Un plétude de figurines et de goodies en tout genre se sont mis à pousser pour pallier au manque d’inspiration devant ces boîtes qui peuvent nous fasciner pendant des heures à observer chaque mouvement qu’elles peuvent faire pour venir monter couche par couche ce nouveau truc qu’on pourra mettre à la suite de son étagère. 

Plan 2020 : Industrie 4.0, service et flexibilité de la demande

Derrière la tendance du DIY, se cache une autre tendance, celle de la volonté du consommateur d’être un individu unique, de disposer de sa propre identité au milieu de la mondialisation et de l’uniformisation croissante de notre culture globale, celle d’un être du Monde, qui prend racine à la fois dans ses origines à la fois dans une tendance qui nous vient de l’autre bout de la planète.

Avènement de la personnalisation de masse, tout le monde veut la même chose avec sa propre touche, l’industrie se ré-invente, utilisant le pouvoir du digital pour devenir “flex” (attendez ce n’est pas encore le grand écart) et donner des ordres différents à ses machines-robots pour personnaliser nos rêves et ainsi donner du pimp à notre quotidien. (2)


Blague à part, c’est une autre facette des capacités de l’impression 3D nous puisque chacune de ses demandes peut être unique, (d’abord, on imprime une nouvelle pièce prototype, puis, une commande spéciale pour un industriel dont une pièce de sa chaîne de production a cassé et qu’elle n’est plus produite et ensuite…)

Une micro-usine locale

On voit que cette boîte magique permet d’imaginer, de créer et de produire des objets fonctionnels  dans un espace réduit, son bureau, un petit atelier voir même dans un placard. 

Elle permet d’émanciper une autre tendance qui est celle de la relocalisation de nos savoir-faire, un nouveau modèle d’acteurs, d’entrepreneurs et de collaborateurs se tourne vers le made in France, ou made in EU, ou made in chez soi tant que ça ne traverse pas la moitié du monde pour arriver entre leurs mains.

D’autant qu’avec l’urbanisation qui continue la quête de sens qui revient au galop pour les métiers de demain, la ville redevient un centre de production et local, dont un des plus beaux exemples est l’agriculture urbaine qui vise à s’installer au cœur de nos quartiers. Plein de nouveaux défis qui fait de cet outil l’un des acteurs de cette transformation. (3)

Grand écart

Hier pour le petit-dèj, les équipes du biomédical ont fait un nouvel implant sur-mesure pour papy qui ne lui fait plus mal à la hanche, à Lille, ils ont imprimé une prothèse pour une reconstruction mammaire et puis, il y a Iron-man :

Chez plast’if, on travaille avec l’association e-nable qui avec une communauté mondiale de bénévoles imprime des prothèses de mains pour les enfants. (5)

Au goûter, on a sorti la pelle et le seau pour rejoindre les architectes de demain (oui, certains sont encore au bac à sables mais ils grandissent vite) qui impriment des maisons directement sur le futur lieu de résidence de leurs habitants  (4)

Ça, on ne le fait encore à plast’if, mais qui sait ce que seront nos next.step

Switch... c'est le COVID-19

“Réveil matin, 15h, je me réveille comme une fleur” mais on a bien besoin d’un doliprane…

Le confort de vie que l’on a la chance de vivre au quotidien en Europe, abondance, confort sanitaire, tout s’emballe, plus d’approvisionnement de nos industries et plus moyen de produire ce dont on a besoin… (6)

Ce qui s’emballe surtout, c’est le réveil de ces citoyens, ces makers, qui ont enfin leurs mots à dire, ils retrouvent enfin le pouvoir de venir en aide sans que les industries et les normes ayant bien tout verrouiller ne puissent faire face à l’adversité du moment, on a d’abord vu ces deux Italiens imprimer des valves de respirateurs, un jeune scout anglais de 13 ans faire une pièce pour soulager les douleurs aux oreilles liées au port quotidien de masques, puis certains employés des grandes entreprises ayant accès à des imprimantes mais plus d’activité temporairement qui se mettent à collaborer.

On ne compte plus les initiatives qui ont émergé en moins d’un mois, par des étudiants avec la plateforme https://3d.freerider-factory.fr/ de réserve d’imprimantes 3D en France ; 3DNatives et les visières de l’espoir ; Jusqu’à un consortium entre le CEA et différents industriels de la région grenobloise pour développer un nouveau principe de masque réutilisable.

Chez nous, c’est Florian, chief design officer de plast’if, qui avec son studio øclo a prototypé son propre modèle de visière pour en distribuer bénévolement une centaine par semaine dans sa région de confinement.

Avec cette pandémie, l’impression 3D se place dans une dynamique vertueuse dans laquelle les besoins humains et l’entraide citoyenne utilisent un moyen local, responsable en matière, capable de faire du sur-mesure et dont les coûts de production ne varient pas en fonction de la quantité puisque demain nous imprimerons ce qui permettra de réinventer notre vie. (7)

Illustrant que cette technologie est aussi un outil de médiation, qui d’autant plus par le défis du recyclage sera le médiateur d’une intelligence collective de l’ensemble des acteurs de notre société : famille, bureaux, inter-entreprises, communes, …

C’est l’ensemble de ces mouvements qui infusent dans la culture de plast’if.

 

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