Compensation carbone, la fausse bonne idée ?

Engagement réel ou greenwashing, de nombreuses entreprises souhaitent verdir leur image auprès du public. Certaines investissent des millions d’euros (en marketing) et d’autres veulent vraiment agir. Est-ce suffisant pour parler de conscience environnementale ?

Vous avez sans doute déjà vu une accroche comme celle-ci : “un bracelet acheté, c’est un arbre planté !”. Si vous avez été convaincu(e), c’est normal. À première vue, vous faites un bon geste pour la planète ! Mais ce n’est pas tout à fait vrai… Outre les accessoires de mode, de nombreuses entreprises inscrivent dans leur politique Développement Durable / RSE leur objectif d’inclure la plantation d’arbres – entre autres –  pour chaque vente effectuée. Mais ces actions sont-elles réellement vertes ?

D’un point de vue environnemental et scientifique, les arbres ont en effet le pouvoir de retenir l’humidité et donc de limiter la sécheresse et l’érosion des sols. De plus, ils absorbent une grande quantité de CO² : on les surnomme les “puits de carbone”. Bon nombre de professionnels y voient ainsi un moyen simple pour se racheter une conscience écologique et brouiller les pistes quant à la pollution directe de leurs affaires. Mais il faut comprendre que planter des arbres ne remplace pas les ressources naturelles que nous puisons chaque jour.

 

Planter un arbre, c’est utile ?

Commençons par un nombre : les forêts françaises absorbent près de 20% du CO² que nous émettons, comme l’indique notre association partenaire FNE dans cet article. Alors oui, planter des arbres peut s’avérer utile, mais avant tout dans le futur car ceux-ci n’absorbent les GES (gaz à effet de serre) que progressivement : ils capturent le CO² grâce à leurs feuilles (ou leurs aiguilles pour les conifères). Or, quand ils sont jeunes, ils n’en ont que très peu. C’est ensuite grâce à la photosynthèse qu’ils vont recevoir le CO² et que la magie de la nature opérera : ils capteront le Carbone pour s’en nourrir et relâcheront l’Oxygène dont nous avons besoin.

 

Et pour limiter la sécheresse et permettre à ces arbres de se développer, c’est l’humanité toute entière qui doit se battre pour que l’augmentation de la température ne dépasse pas 2 degrés, comme l’indiquent les Accords de Paris. Pour y parvenir – et la situation est urgente -, il faut surtout diminuer nos émissions avant de chercher à les compenser, mais il est difficile pour les entreprises les plus riches de changer, surtout quand on peut faire appel au crédit carbone.

Le crédit carbone, c’est super !

 

Le crédit carbone, c’est une sorte de laissez-passer. Les entreprises qui en ont les moyens peuvent acheter ces fameux crédits à des porteurs de projets. Ils équivalent chacun à 1 tonne de CO² et coûtent entre 10€ et 50€ l’unité, en fonction du facteur d’émissions. Alors, les entreprises très polluantes font “disparaître” leurs pollutions en sortant leur porte-monnaie : si une firme émet 1000 tonnes de CO² dans l’air, elle n’aura qu’à débourser entre 10 000€ et 50 000€ pour être neutre en carbone. Magique, non ?

Concrètement, qu’est-ce qu’on peut faire ?

Jouons carte sur table et reprenons depuis le début : sans les gaz dits “à effet de serre” tels que le dioxyde de carbone et l’azote par exemple, la température sur Terre serait en moyenne de -15° Celsius comme l’indique l’ESA (Agence Spatiale Européenne). En augmentant la quantité de ces gaz, nous réchauffons la planète. Pour arrêter ça, il ne faut pas seulement compenser nos émissions de GES, mais aussi et surtout les réduire. En tant qu’individus mais aussi professionnel(le)s, nous avons les moyens de changer les choses : chez vous, réduisez votre consommation d’emballages et privilégiez les produits en vrac.

En entreprise, soyez force de proposition et portez vos convictions : comment améliorer l’impact de votre entreprise ? Plus nous serons nombreux à bouger, à dénoncer, et à vouloir agir, plus vite et fort nous serons entendus. Il existe un tas de façons de réduire nos émissions, ce qui compte c’est de s’y mettre.